vendredi 21 juillet 2017

Maudit printemps - Antonio Manzini

Maudit printemps

Antonio Manzini





Denoël
304 pages
155 x 225 mm 
Trad. de l'italien par Samuel Sfez
ISBN : 9782207133705
Collection Sueurs Froides
Parution : 04-05-2017


Présentation de l'éditeur


Chiara Breguet, héritière d’une riche famille d’industriels du Val d’Aoste, étudiante brillante admirée de ses pairs, n’a plus donné de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Persuadé que cette disparition est inquiétante, Rocco Schiavone se lance dans une course contre la montre pour sauver la jeune femme et découvrir ce que dissimule la façade impeccable de ce milieu nanti. Pendant ce temps, la neige tombe sur Aoste en plein mois de mai, et cette météo détraquée ne fait qu’exacerber la mauvaise humeur légendaire de Rocco.


L'auteur

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Antonio Manzini, né le 7 août 1964 à Rome, est un acteur, un réalisateur, un scénariste et un écrivain italien. Comme auteur de roman policier, il est notamment connu pour sa série de romans consacrés au commissaire Rocco Schiavone.

Antonio Manzini grandit à  Rome. Il suit les cours de l’Académie nationale d'art dramatique de la ville et débute comme acteur au théâtre.

À la fin des années 1990, après s’être essayé à la réalisation, il prolonge sa carrière d’acteur à la télévision et au cinéma, s’imposant notamment dans plusieurs séries télévisées à succès en Italie. En 2004, il écrit avec Niccolò Ammaniti le scénario du giallo Il siero della vanità d'Alex Infascelli, travail qui marque le début de sa carrière d’écrivain et de scénariste.

Il publie en 2005 son premier roman, Sangue marcio. En 2008, il collabore à nouveau avec Ammaniti pour l’adaptation de son roman Comme Dieu le veut (Come Dio comanda) pour le cinéma qui devient sous la caméra de Gabriele Salvatores le film Come Dio comanda (film) (it). En 2013, il participe à l’écriture du scénario de la comédie I 2 soliti idioti (it) d'Enrico Lando (it). Il signe également plusieurs épisodes de séries télévisées

La même année, il imagine le personnage de Rocco Schiavone dans le roman policier Piste noire (Pista nera). Commissaire (ou sous-préfet) de police à Rome, il est sanctionné et muté à  Champoluc, un village de montagne situé dans la  vallée d'Aoste. Pour sa première enquête, il doit résoudre le meurtre d’un homme inconnu retrouvé écrasé sous une dameuse. Succès critique et public en Italie, ce livre marque le début de plusieurs romans consacrés aux aventures de Schiavone.

En France, ce premier titre est traduit par les éditions Denoël dans la collection Sueurs froides en 2015.

Source Wikipedia

Mon avis

Antonio Manzini est devenu une référence dans son genre en Italie, il cartonne avec plus d'un million de livres vendus.

J'avais lu le premier de la série Piste Noire dont je garde un excellent souvenir.  C'est déjà le troisième opus des enquêtes du sous-préfet "Rocco Scavione".  On retrouve les personnages, son équipe de "bras-cassés" avec plaisir mais je vous rassure il n'est pas indispensable d'avoir lu les précédents.

Une camionnette aux plaques volées sort de route, deux corps sont trouvés.  Rocco Scavione va mener l'enquête.  Entre temps, Giovanna, une amie de Chiara Breguet donne l'alerte de la disparition de celle-ci.  Chiara est fille de riches industriels de la région, Rocco s'inquiète que les parents n'aient rien signalé, c'est suspect ...  Il va mener de front cette enquête.

L'action se situe au Val d'Aoste, petite ville de 40.000 habitants, esprit bien différent de Rome, Rocco l'apprendra bien vite au sujet de sa vie sentimentale.... Tout ce sait, c'est comme un village ici.

Dans cette affaire, tout s'entremêle, dans la narration aussi.  On passe de la vie quotidienne amoureuse de Rocco, aux réflexions émises par les différents protagonistes qui se retrouvent dans le roman.  C'est un peu déstabilisant au départ mais c'est très intéressant comme écriture.  On s'habitue très vite de passer d'un personnage à l'autre, et on trouve rapidement le fil conducteur, les choses se mettent en place.  Le livre est découpé en chapitres qui sont en fait les différents jours de la semaine.

C'est vivant, très dialogué.  Rocco Schavione a ses méthodes bien personnelles pour y arriver, pas toujours très "catholiques" mais il est efficace, il va à l'essentiel.

Suspense, mafia, argent, rebondissements jusqu'au bout, une écriture originale que je vous recommande.

J'ai d'ailleurs une grande envie de rattraper le tome 2 "Froid comme la mort" que j'avais loupé.

Merci aux éditions Denoël de m'avoir proposé cette lecture, j'ai vraiment passé un bon moment.

Ma note  :  9/10

Les jolies phrases

C'est l'absence qui fait mal ? Non.  C'est la perte qui fait mal.  C'est autre chose que l'absence. La perte sait ce qu'elle a perdu.  L'absence, ça peut être une sensation vague, une émotion sans corps et sans son de quelque chose qui manque, que je n'ai pas, mais je ne sais pas ce que c'est.  La perte, c'est ce que j'éprouve, parce que je sais.  Et c'est pire que l'absence.  Car ce que je connaissais, ce que je tenais entre mes doigts n'est plus.  Ne sera plus.  C'est la même différence qu'il y a entre Ray Charles et Stevie Wonder. Stevie est aveugle de naissance, Ray l'est devenu.  Ray sait ce que c'est que de voir, Stevie non.  Ray a éprouvé la perte. Stevie l'absence. Stevie est mieux loti que Ray. J'en mettrais ma main au feu.

- Tu te rappelles cette phrase ?  Le désir d'une personne est immortel.
- Mais si tu le combles, il disparaît. Avec le besoin de cette personne.

Les souvenirs s'en vont, mon amour. Jour après jour. Tu ne t'en aperçois peut-être pas, mais ils s'en vont.  Les beaux comme les terribles.  La nuit les avale, et ils vont se mélanger aux souvenirs des autres. Tu ne les retrouves plus, même si tu essaies.  Jusqu'à ce que tu deviennes toi-même un souvenir.



Dans la même série :

Mon billet en cliquant sur la couverture.


mercredi 19 juillet 2017

No home - Yaa Gaazi

No home    -    Yaa Gyasi



















Calmann Levy
janvier 2017
Traduit par Anne Damour
414 pages
ISBN 978-2-7021-5963-7


Présentation de l'éditeur


Deux soeurs à la destinée bouleversante.
Trois siècles d’histoire.
« Une réussite éclatante. »


Los Angeles Times



XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.



Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable.



Roman traduit de l'anglais par Anne Damour.


« Il est impossible de ne pas être en admiration
devant l’ambition et la portée de No Home. »

The New York Times

« No Home a l’envergure de trois siècles entiers.
Chaque chapitre donne l’impression d’un roman miniature. »

New York Magazine

Mon avis

C'est un premier roman qui nous fait remonter le temps.  Deux siècles et demi d'histoire à travers deux branches d'une famille.

Effia et Esi ont les mêmes ancêtres.  Ce sont deux familles noires sur la Côte de l'Or, l'actuel Ghana.

Effia sera mariée à un anglais et ira vivre au fort de Cape Coast occupé par les anglais.  C'est au décès de son père qu'elle apprendra que sa mère n'est pas celle qu'elle croit et l'existence de sa soeur.

Esi est enfermée dans le cachot des femmes du fort depuis deux semaines, elle sera vendue comme esclave.

Nous allons suivre en parallèle le destin des descendants de chaque branche retraçant l'histoire de l'esclavage, l'abolition de celui-ci, les tensions et discordes entre les "ashantis' et les "fantis", l'exode vers la liberté mais lorsque l'on est noir de peau est-on vraiment libre un jour ??

Un très beau premier roman  de Yaa Gyasi salué par la critique américaine, une jolie fresque du combat quotidien mené par ce peuple en recherche de liberté.

Ma note : j'ai beaucoup apprécié mais il m'a manqué un petit "je ne sais quoi" pour être un coup de coeur.    9/10


C'est un gros coup de coeur pour ma binôme Julie des Petites lectures de Scarlett, son billet se trouve ici




Les jolies phrases

Et dans mon village, il y a un dicton sur les soeurs séparées.  Elles sont comme une femme et son reflet, condamnées à rester sur les rives opposées de l'étang.

Les Ashantis avaient le pouvoir de capturer des esclaves.  Les Fantis avaient la garantie d'en faire le commerce.

Au moins, quand il était esclave, son maître avait besoin de le maintenir en vie s'il voulait en avoir pour son argent; aujourd'hui, si H mourait, ils se borneraient à louer un autre homme.  Une mule valait plus que lui.

Tu veux savoir ce qu'est la faiblesse ? C'est de traiter quelqu'un comme s'il t'appartenait.  La force est de savoir qu'il n'appartient qu'à lui même.

Si au moment de faire quelque chose, tout te paraît clair, si tu es certaine, alors pourquoi regretter plus tard ?



mardi 18 juillet 2017

Les beaux étés Tome 3 - Jordi Lafèvre et Zidrou

Les beaux étés

3. Mam'zelle Estérel      -  Zidrou & Jordi Lafebre





Dargaud
Dessinateur : LAFEBRE JORDI
Scénariste : ZIDROU
Coloriste : LAFEBRE JORDI
56 pages
EAN. 9782505067764
Prix : 13.99 €

Présentation de l'éditeur


1992, les années ont passé, le jeune couple est maintenant à la retraite, la petite Pépète est devenue une jeune fille et la 4L est à vendre... L'occasion de se remémorer l'année 1962, leurs toutes premières vacances à son bord en compagnie... des beaux-parents. Les vacances avec Yvette-la-parfaite et Gros-Papy seront plus gastronomiques que bucoliques... en direction de Saint-Étienne !

Mon avis

Oh que j'aime me replonger dans le passé avec cette série, bien que née un peu plus tard que l'album, je me suis replongée dans mon enfance, les départs en vacances en rouge Estérel, si si comme dans l'album. ☺

Zidrou nous emmène en vacances avec les beaux-parents, adieu rêve de camping , pique-nique et découvertes, ce sera Saint-Etienne et les adresses de l'incontournable guide Michelin.

Beaucoup d'humour, un joli graphisme de Jordi Lafèbre, j'adore cette série, sourire garanti.


J'attends déjà le suivant qui nous emmènera en 1980.

Ma note : 9/10


Une jolie phrase

Vieillir c'est comme conduire une voiture, on a beau regarder la route devant soi, on ne peut s'empêcher de zieuter tout le temps dans le rétroviseur.

dimanche 16 juillet 2017

La renverse - Olivier Adam

Dans le cadre du prix des lecteurs de J'ai Lu - Page des libraires


La renverse  -  Olivier Adam



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Flammarion
J'ai lu
Parution : 06/01/2016
Nb pages: 268
Isin 9782081375956
Prix: 19,00 €


Présentation de l'éditeur


"Ce n'est qu'au moment d'entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m'a vraiment heurté, qu'elle a commencé à filer le tissus du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J'ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s'allumait sur une chaîne d'information en continu. A l'instant où j'y posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s'est figé sur l'écran. J'ai demandé qu'on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l'information, qu'il n'avait pas été fait mention de ma mère m'a traversé l'esprit."


Dans La renverse, Olivier Adam retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présent écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l'impunité et l'humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l'univers politique.

Mon avis

Antoine est libraire en Bretagne.  Il a coupé les ponts avec sa famille il y a une dizaine d'années.  Un jour dans un bistrot il apprend par la radio le décès accidentel de Jean-François Laborde, un ancien ministre et sénateur, et les digues craquent, les souvenirs remontent à la surface.

Il éprouvera le besoin de faire face à ce qu'il fuit depuis si longtemps et prendra la route pour assister à l'enterrement.  Il se souvient.

Son père, autoritaire, froid, rigide, sans aucun geste ou parole tendre à son égard.

Sa mère : Cécile Brunet, mère de famille exemplaire, jolie, tirée à quatre épingles qui subitement fut projetée adjointe aux affaires scolaires.  Elle était parvenue notable, collaboratrice de premier choix de Laborde, maire à l'époque mais aussi son amant.

Son frère Camille.  Son ami Nicolas et sa famille chaleureuse et accueillante auprès desquels il trouvait refuge.

Arriva le scandale politico sexuel; viol et agression sexuelle,  objet de l'accusation de Laborde et de sa mère.


Le déni complet pour lui, la fuite pour son frère.  La rencontre avec Laetitia la fille de Laborde. L'attente de leur mère à la maison, l'ignorance et le désintérêt de ses parents à leur égard.

Une situation lourde à porter, enfuie au fond de lui.

Des questions : mais qui était vraiment sa mère ?, le sentiment de trahison, la haine, la manipulation. Une descente au plus profond de la nature humaine, à la recherche de soi, de comment on se construit dans l'ombre de ses parents sont des thèmes abordés par Olivier Adam.

J'ai apprécié cette lecture, ce livre était dans ma PAL depuis sa sortie, la plume d'Olivier Adam est sombre, crue par moment, tourmentée.  Une réserve cependant, j'ai trouvé le récit assez inégal.

Ma note : 7.5/10

Les jolies phrases

Tu es comme la mer.  Une présence opaque et silencieuse.

La vie recommençait mais c'était une vie plus désincarnée encore qu'elle ne l'avait jamais été, une vie sur pilotage automatique.

Aujourd'hui bien sûr, je me dis que c'est mon frère que j'aurais dû tenter de protéger ainsi, et le remords de ne pas l'avoir rejoint cet été-là demeure une plaie ouverte, une honte qui me défigure et me retient de tout à fait pouvoir me regarder en face.

Quel enfant étais-je, quel fils étais-je pour haïr ainsi mes parents, les déclarer coupables, les condamner et les fuir ?

J'ai eu beau tenter de les enterrer sous des tonnes de déni, ces pensées n'en finissent pas de me poursuivre.

Nous n'avons jamais compté.  On ne nous a jamais laissé de place.  Et le peu que nous avons pris nous a été dénié.  C'était ça, grandir auprès de mes parents.



samedi 8 juillet 2017

L'ombre de nos nuits - Gaëlle Josse

Dans le cadre du prix des lecteurs de J'ai Lu  - Page des libraires

C'était mon préféré et c'est le gagnant du prix ☺



L'ombre de nos nuits  -  Gaëlle Josse


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Les éditions Noir sur Blanc
Notabilia
Date de parution : 07/01/2016
Format : 12,8 x 20 cm
192 p.
15,00 EUR
ISBN 978-2-88250-401-2

Présentation de l'éditeur

Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
 
En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.

Après le succès du Dernier gardien d’Ellis Island, prix de littérature de l’Union européenne 2015, Gaëlle Josse poursuit avec ce cinquième roman son exploration des mystères que recèle le cœur.


Gaëlle Josse nous en parle



 

Mon avis

C'est un roman à trois voix que nous propose Gaëlle Josse autour du tableau de Georges de la Tour  "San Sébastien soigné par Irène".  Ce tableau sera l'élément central du récit.

Tour à tour trois personnages vont s'exprimer, on voyage dans le temps et dans l'espace.

- A Lunnéville, en Lorraine en 1639, on assiste à la création du tableau "San Sébastien soigné par Irène"

  • Georges de la Tour nous parle, il imagine la création de son tableau, le choix avec soin de ses personnages, la mise en place de sa composition.  Irène sera incarnée par sa fille Claude.  On assiste à la naissance de cette oeuvre à qui il réservera un grand destin.  Avec minutie, précision il donnera tout pour trouver la perfection dans son tableau.

  • Laurent, son apprenti - un orphelin recueilli par le maître suite aux ravages de la peste et de la guerre des 100 ans - s'exprimera également.  Il est l'assistant du maître, admiratif du travail de celui-ci, il est humble, doué.  Il nous décrira à merveille son amour pour la peinture, son admiration sans limite pour de la Tour, le don de soi et la passion de son maître.  Il décrit avec justesse la beauté douloureuse de Claude incarnant Irène dont il est éperdument amoureux.  Il souffre en silence de cet amour n'étant pas de la même classe sociale qu'Irène.  Il nous décrit avec justesse ses tourments, ses blessures.  Il devra faire des choix.  Il est dans l'ombre, elle est dans la lumière.
- Rouen, en 2014, une jeune femme est fascinée des siècles plus tard par ce tableau, cette lumière qui jaillit de l'ombre.  Elle se plonge dans ses souvenirs, dans sa douleur, ses amours difficiles.  

J'ai souvent posé le livre pour me plonger à mon tour dans ce tableau où le regard d'Irène incarne tant l'amour, la sollicitude, la compassion et nous montre tant la beauté douloureuse de la passion.  

Ce roman met en lumière la fascination devant le tableau ; cette lumière qui transparaît au milieu de l'ombre, comme nos espoirs au milieu de nos tourments.  La bienveillance, l'amour et la sollicitude du regard d'Irène m'ont procuré de belles émotions à la lecture.

Les trois voix s'entrecroisent au fil des pages, nous questionnent sur l'aveuglement amoureux, sur notre place dans notre vie.  

Très très bon moment de lecture.

Ma note : 9.5/10



Les jolies phrases


Elle dit que le Maître sait peindre le silence.

La capacité d'oublier est peut-être le cadeau le plus précieux que les dieux ont fait aux hommes.  C'est l'oubli qui nous sauve, sans quoi la vie n'est pas supportable.

Les livres savent des choses que nous ignorons.

Je reconnais que l'immobilité absolue est une chose exténuante, proche de l'impossible.

Notre monde est un théâtre agité, mouvant, fait d'appétits désordonnés et de désirs inavouables.  Le malheur y règne en maître.

Nous trichons en paroles, rarement en gestes.

Elle n'est que beauté et son âme est à l'image de ses traits.

Tu aimais la nuit.  Comme si ses ombres absorbaient les tiennes et te permettaient de les oublier.

C'est la vision intérieure du peintre, au-delà de sa technique, qui donne toute sa force à un sujet.

Il faut savoir écouter les rêves, ils tentent de nous éclairer sur nos désirs les plus secrets.

La main, le geste, le visage. Tout ce que je peins tient là, dans cette mystérieuse trinité.

Etre quittée, c'est un risque consenti au premier regard.  Mais partir, c'était autre chose.

Croire en l'autre suppose l'abandon de nos résistances, de notre défiance.  Don total qu'on veut croire réciproque.

Ce qui se passe au profond de nos âmes est souvent noir comme la nuit, comme celle qui sert de fond à mes compositions, lorsque nulle lueur ne les atteint.

mercredi 5 juillet 2017

Le vieux saltimbanque - Jim Harrison

Dans le cadre du prix des lecteurs de J'ai Lu - Page des libraires

Le vieux saltimbanque        -   Jim Harrison

LE VIEUX SALTIMBANQUE

Flammarion
Traduit par
Parution septembre 2016
ISBN978-2-08-131310
Nombre de pages144
PRIX : 15 €



Résumé 

Dans ce dernier livre publié moins d'un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d'un texte à la troisième personne pour "échapper à l'illusion de réalité propre à l'autobiographie". Souvenirs d'enfance, découverte de la poésie, mariage, amour de la nature, célébration des plaisirs de la chair et de la table, alcools et paradis artificiels, Jim Harrison tisse le roman d'une vie.
Véritable testament littéraire, Le Vieux Saltimbanque est à l'image de Big Jim : plus libre et provocateur que jamais, plus touchant aussi, en marge de toutes les conventions.


Mon avis

Découverte pour moi de la plume de Jim Harrisson et je n'en sors pas vraiment enchantée !

Il nous présente ici peu de temps avant sa mort, une autobiographie écrite à la troisième personne. Un texte un peu décousu à mon sens manquant de chronologie, on voyage dans le temps à différentes époques de sa vie.

Il nous parle de son enfance, de manques ; la perte de son oeil et  le départ prématuré de son père et de sa soeur décédés tous deux dans un accident de voiture.  Il avait dix-neuf ans à l'époque et c'est la rage accumulée en lui qui lui a donné l'envie de devenir écrivain.

Jim Harrison était un sacré personnage, hanté par un rêve de vieux saltimbanque... Il aimait la nature, les animaux et paradoxe aussi la chasse et la pêche.  Il nous raconte son amour pour sa truie qu'il considérait comme un animal de compagnie !

Très belles descriptions de la nature mais trop de narration à mon goût passant du coq à l'âne sans transition à différentes périodes de sa vie.  J'avoue m'être parfois perdue dans le récit.

Un peu saoulée si vous me permettez l'expression, lui qui aimait tant l'alcool, les femmes et le sexe.

Un bilan sur sa vie à 70 ans préoccupé surtout par sa perte de libido.

Un grand poète et romancier aimant la France qui le lui rendait bien.  Un être au rapport difficile avec l'argent, brûlant la corde par les deux bouts, écrivant des scénarios pour Hollywood et enseignant la littérature pour vivre.

Je n'ai malheureusement pas été séduite, l'impression d'être passée à côté.

Ma note : 6/10

Les jolies phrases

Le sexe est le plus puissant despote qui règne sur nos vies.

Si tu es nul, pourquoi t'en prendre à autrui ?

Il médita longuement sur la vanité masculine et le besoin de prolonger ces illusions viriles quitte à jeter toute crédibilité aux orties.

Nous vivons tous dans le couloir de la mort, occupant les cellules de notre propre conception.  Certains, reprochant au monde leur condition déplorable, ne seraient pas d'accord.  Nous naissons libres, mais l'homme est enchaîné.

lundi 3 juillet 2017

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire




Trois achats et 2 SP en plus dans mon Himalaya à lire.

Le 15 juin dernier était organisée une rencontre littéraire avec Akli Tadjer, un chouette moment, le plaisir de revoir Akli et bien entendu la tentation de découvrir un peu plus sa jolie plume.

Sous le charme de "La meilleure façon de s'aimer"  que je vous conseille vivement, voici le lien vers mon billet, ici

J'ai craqué pour :

Les thermes du Paradis   -   Akli Tadjer

Les Thermes du Paradis



JC Lattès
EAN : 9782709638166
Parution : 26/02/2014
314 pages
18.00 €

Présentation de l'éditeur

Adèle Reverdy est une jeune femme pleine de complexes et, pour comble de malheur, les hommes la fuient dès qu’elle avoue son métier de croque-morts.

Mais sa vie va changer le jour de ses trente ans. Parmi les invités venus à la fête organisée par sa sœur, il y a Léo, ancien trapéziste devenu aveugle à la suite d’un accident puis masseur aux Thermes du Paradis. Un soleil noir dans la vie d’Adèle qui, aidée de sa meilleure amie Leila, talentueuse thanatopractrice, va tout faire pour conquérir le cœur de Léo.

Un roman plein d’humour et de tendresse où l’on découvre que l’on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux.

mais aussi pour son dernier :

La reine du tango     -     Akli Tadjer

La reine du tango

JC Lattès
EAN : 9782709647533
Parution : 09/03/2016
250 pages
18.00 €

Présentation de l'éditeur


Suzanne a grandi seule avec sa mère, La Reine du tango, une danseuse magnifique qui a connu tous les succès, toutes les gloires. Disparue trop jeune, elle a laissé à sa fille sa passion de la danse, des souvenirs éblouissants et une peur immense de l’abandon. De cette enfance, Suzanne n’a gardé que le tango qu’elle enseigne sans oser le danser, et un vieil ami de sa mère, qui s’éteint à l’hôpital.
Pour vivre pleinement et enfin danser comme la Reine du tango, Suzanne doit retrouver les clés de cette enfance, comprendre qui était sa mère, apaiser ses peurs et surtout rencontrer un homme capable d’être son partenaire dans la vie et sur scène.
Lorsqu’elle croise Yan, un petit voleur, elle est prête à tout.

La Reine du Tango est un conte moderne, d’humour et de mélancolie où l’on découvre que le tango est plus qu’une passion, une addiction.

J'avais adoré et j'en garde encore la saveur "La saison des mangues" son premier roman dont mon billet se trouve ici, je n'ai pu résister :

Passages du désir   -   Cécile Huguenin

eho-huguenin3c

Editions Héloïse d'Ormesson
224 PAGES
Prix :  19€
Parution : 01/06/2017
ISBN : 978-2-35087-415-9

Présentation de l'éditeur

Quand Titus, jeune homme insouciant, apprend au hasard d’un flash info la disparition de Clara Davidson, il décide sur un coup de tête de se lancer à sa recherche. Veuve d’un célèbre couturier, Clara a ouvert à Zanzibar une maison d’hôtes pour une clientèle essentiellement féminine. Il s’embarque alors dans une épopée sensuelle, au cœur de l’océan Indien, où il découvre que le désir peut se conjuguer au pluriel…

Mélange de pudeur et d’audace, ce voyage initiatique dévoile les mystères du plaisir féminin après soixante ans et prouve que l’exploration des corps réserve encore bien des surprises.

Une surprise d'Actes Sud, actes noirs que je remercie

Les lions sont morts    -   Mick Herron

Les lions sont morts

Actes Sud
Actes noirs
Juin, 2017
352 pages
traduit de l'anglais par : Samuel SFEZ
ISBN 978-2-330-07828-7
prix indicatif : 22, 80€

Présentation de l'éditeur


À le voir, on a du mal à comprendre pourquoi on a bien pu assassiner Dickie Bowe. Mais espion un jour, espion toujours. Dickie ne paie peut-être plus de mine, mais c’est un vieux briscard du renseignement, qui a fait ses armes dans le Berlin des grandes années, où il s’est montré un agent hors pair en son temps. Une ombre, attachée à ceux qu’elle suivait pour mieux en percer les secrets. On vient de le retrouver mort dans un bus.

Jackson Lamb connaissait bien Dickie, ils étaient en poste en Allemagne de l’Est au même moment. Et justement, le téléphone de Dickie, que Lamb a discrètement récupéré, livre un élément troublant : des agents russes pourraient bien être en train de monter une opé à l’ancienne, comme à la grande époque, en plein Londres. À la Maison des tocards, purgatoire des services secrets de Sa Majesté pour agents placardisés, l’équipe de Jackson Lamb va enfin retrouver le feu de l’action.


Deuxième volet d’une série initiée avec La Maison des tocards, Les lions sont morts a obtenu le Gold Dagger Award de la Crime Writers’ Association et été élu polar de l’année par le Times. Sans gadgets ni clichés, Mick Herron y régénère avec brio le roman d’espionnage.

et pour terminer, une découverte.  Je remercie Christophe Maris et les éditions Pierre Philippe.

Il fera jour ce soir   -   Christophe Maris


Editions Pierre Philippe
210 pages
ISBN : 9782940602025
Prix : 18 euros TTC

Présentation de l'éditeur


Anna Schönberg, jeune étudiante en lettres, promise à une brillante carrière, vient de se suicider. Un fait qui aurait pu être vite classé et oublié, si Christelle Lecarrer, jeune commissaire de police, pugnace, agile et gracile n'avait pas décidé d'enquêter. Des éléments s'opposent et ne cadrent pas, aussi Lecarrer ne va pas hésiter à fouiller dans les profondeurs du passé, derrière les non-dits des uns des autres afin de rétablir une vérité qu'elle redoute.

Les personnages sont troubles et le jeu de piste dessine un univers sordide pour ne pas dire innommable. Quel était donc le lourd secret d'Anna ? Et cet oxymore « Il fera jour ce soir » qu'elle laisse à son bien aimé ?

 Dans ce roman, Christophe MARIS se joue de toute complaisance et déjoue les codes de la bonne société, jongle avec les non-dits et renvoie le lecteur aux faces cachées de la Shoah. Des allers-retours entre passé et présent pour regarder l'avenir avec plus de sagesse.