mardi 5 septembre 2017

La tresse - Laetitia Colombani ♥♥♥

La tresse     -  Laetitia Colombani


La tresse


Grasset
Parution : 10/05/2017
Pages : 224
Prix : 18.00 €
Prix du livre numérique: 12.99 €
EAN : 9782246813880


Présentation de l'éditeur


Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.

Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.

Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.

Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.


L'auteure nous en parle






Mon avis

Je voulais le lire depuis longtemps ne voyant passer que des billets positifs à son égard.  Il a rejoint ma PAL depuis peu et c'est notre choix de LC avec ma binôme adorée.

Autant vous dire de suite que c'est un joli coup de coeur.  Un premier roman pour Laetitia Colombani, une plume très prometteuse.

Je reprends ici le début du quatrième qui nous dit : "Trois femmes, trois vies, trois continents.  Une même soif de liberté"

Les voici :

- Smita nous emmène en Inde.  C'est une "intouchable" et elle veut libérer sa fille Lalita de sa caste.  Elle est déterminée à lui apprendre à lire, à aller à l'école pour changer sa vie.  Une chose quasi impossible pour quelqu'un de sa condition car on ne mélange pas les castes entre elles en Inde, surtout pas les intouchables qui font les tâches les plus ingrates.  Elle va se battre pour son rêve au prix de gros sacrifices.   On apprend beaucoup de choses sur l'Inde, sa culture, ses traditions.

- Giulia a 20 ans, elle travaille avec son père à l'atelier.  Nous sommes en Sicile, à Palerme et sa famille perpétue une tradition ancestrale "la cascatura" , l'art de travailler les cheveux en postiche.  Son père qui le dirige est hospitalisé suite à un accident, Giulia va devoir prendre les choses en main.  Un événement bouleversera sa vie, elle va devoir se battre elle aussi pour défendre ses choix.

- Sarah a 40 ans, elle vit au Canada à Montréal.  Elle se consacre depuis toujours corps et âme à son travail.  Elle est avocate réputée, associée, et se bat pour être à la tête de ce gros cabinet.  La maladie viendra perturber ses rêves mais elle ne baissera pas les bras et continuera son combat.

Trois femmes différentes, d'horizons éloignés qui mis à part leur combat ont autre chose en commun.

Au fil des pages et des chapitres, leurs vies s'entrelacent peu à peu comme une tresse.

La construction est originale. J'ai eu l'impression de lire trois grandes nouvelles qui petit à petit s'entrecroisent.

Ce sont de courts chapitres où tour à tour Smita, Giulia et Sarah prennent la parole et nous content leur vie.  Une écriture qui m'a semblé très visuelle, très cinématographique, j'avais le sentiment de voir et de vivre avec chaque héroïne.

On se demande ce qui les lie et soudain tout s'éclaire.

Le récit est addictif, les personnages hantent ma mémoire quelque temps après la lecture.  Cela se lit trop vite, on n'a pas envie que cele s'arrête.

L'écriture est fluide, belle , sensible.  L'émotion est palpable au fil du récit.  C'est vraiment un très beau premier roman, une plume à suivre.

N'hésitez plus, lisez cette petite "pépite".  Un livre qui fait du bien, porteur d'espoir et de solidarité.

Merci Julie de me l'avoir suggéré.

Ma note :  ♥♥♥

Voici l'avis de ma binôme :  ici

Les jolies phrases

Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic s'attaquait au suivant.  Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant parfois ce qui se passerait lorsqu'elle serait au sommet.

La culpabilité était sa vieille compagne, qui s'imposait partout sans y être invitée.

Telle l'héroïne d'un roman d'espionnage, Sarah va mener une guerre souterraine.  Un peu comme on cache une liaison extraconjugale, elle va organiser l'anonymat de sa maladie.  Elle sait faire ça, compartimenter sa vie, elle a des années de pratique.  elle va continuer la construction de son mur, encore plus haut, toujours plus haut.  Après tout, elle a réussi à dissimuler s  es grossesses, elle parviendra bien à cacher son cancer.

Elle envie la tranquillité du sommeil de son mari ; la nuit, il est un lac dont nul remous ne vient troubler la surface, alors qu'elle-même s'agite des heures durant.

Elle n'oublie qu'une chose, pourtant apprise durant ses années de métier : lorsqu'on nage parmi les requins, mieux vaut ne pas saigner.

Elle qui a tout sacrifié au travail est aujourd'hui elle-même sacrifiée, sur l'autel de l'efficacité, de la rentabilité, de la performance.  Ici, c'est marche ou crève.  Qu'elle s'en aille donc crever.

Un homme rasé peut être sexy, une femme chauve sera toujours malade, pense Sarah.